Revue doctrinale de théologie et philosophie
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La revue thomiste

La revue thomiste (4139)

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  • Résumé

    Au plan ontologique, l’âme qui subsiste après la mort séparée du corps est amputée d’une dimension essentielle de sa nature. Pourtant, au plan noétique, elle « possède une certaine perfection qu’elle ne peut posséder lorsqu’elle est unie au corps » (Q. De anima, q. 17, ad 1). En effet, elle reçoit désormais sa connaissance d’un influx noétique venant directement de Dieu. Saint Thomas repère dès ici-bas des anticipations de ce mode de connaître, preuve que, pour un être qui, comme l’homme, participe au monde des esprits, il n’est pas une anomalie contre nature mais correspond à un état préternaturel. Toutefois, si la manière de connaître de l’âme séparée est plus élevée, la connaissance qu’elle lui procure est plus imparfaite que celle de l’âme unie au corps.

  • Extrait

    Voici le paradoxe : « L’âme unie au corps est de quelque manière plus parfaite que l’âme séparée, à savoir du point de vue de la nature spécifique, mais, du point de vue de l’activité intellectuelle, elle possède, séparée du corps, une certaine perfection qu’elle ne peut posséder lorsqu’elle est unie au corps. Ceci n’est pas contradictoire car l’opération intellectuelle appartient à l’âme en tant qu’elle transcende le rapport au corps. En effet, l’intellect n’est pas l’acte d’un organe corporel. »
    L’âme humaine séparée, c’est-à-dire l’âme en tant qu’elle subsiste en elle-même indépendamment du corps après la mort, parce qu’elle est de soi incorruptible, présente donc, selon saint Thomas d’Aquin, deux caractéristiques dont la conciliation, quoi qu’il en dise, ne va pas de soi. D’une part, par rapport à son état d’ici-bas, l’âme, amputée du corps dont elle est par nature la forme, souffre d’une certaine imperfection ontologique à tel point que, selon une thèse bien connue de saint Thomas, elle n’est plus une personne mais un fragment de personne. C’est là une conséquence directe de l’anthropologie unitaire aristotélicienne résolument adoptée par l’Aquinate. Mais, d’autre part, l’âme une fois séparée du corps semble bénéficier, toujours en comparaison avec son état d’ici-bas, d’un surcroît de perfection noétique. Au royaume très platonicien des  purs  esprits,  elle  semble  enfin  épanouir  pleinement  ses  capacités intellectuelles jusque-là limitées dans leur exercice par les conditionnements corporels. Alors, aristotélisme en deçà de la mort, platonisme au-delà ?

  • Page de début 71
  • Page de fin 103
  • Catégorie Article
  • Sous-titre Le paradoxe de l'anthropologie thomiste
€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Saint Thomas affirme que l’âme séparée du saint atteint immédiatement la vision de Dieu, et ainsi la béatitude parfaite. Le fait qu’une âme sans corps puisse atteindre à une telle perfection peut sembler réduire la résurrection des corps à un rôle purement superflu. En effet, les expressions de certains commentateurs  de  l’Aquinate  concernant  la  résurrection  ont  eu  tendance  à sous­évaluer son importance pour la perfection humaine. Cependant, l’anthro­pologie de Thomas et l’enseignement de sa maturité sur la béatitude parfaite maintiennent  de  -manière  appropriée  une  hésitation  nuancée  concernant  la perfection humaine de l’âme séparée. Pour le Docteur commun, l’âme dans la béatitude peut pleinement voir l’objet de la béatitude (Dieu), mais le sujet de la béatitude (l’âme séparée) n’est pas complet sans le corps. De ce point de vue, le corps est essentiel à l’homme dans la béatitude. De plus, pour l’Aquinate, l’uni­cité de la forme humaine implique que l’âme séparée est encore ordonnée au corps — orientée vers son état ressuscité à venir. Et la conception qu’a Thomas de l’intellect humain comme naturellement adapté à sa nature corporelle sug­gère que, jusqu’à ce qu’elle puisse fonctionner de manière naturelle, la pleine expression de la béatitude humaine doit attendre la résurrection au dernier jour.

  • Extrait

    Un principe directeur de l’anthropologie philosophique et théo­logique de saint Thomas d’Aquin est son emploi du concept de béatitude en tant que fin dernière de l’homme. Sa place tout au début de la Prima Secundae de la Somme théologique le prouve assez clairement. Il est également très clair que Thomas soutient que seule la vision de Dieu constitue la béatitude parfaite, et que cette vision ne sera atteinte qu’après la mort et seulement par les justes.Or, depuis le  milieu du siècle dernier, de  nombreux débats ont porté sur la manière dont Thomas d’Aquin a enseigné qu’il existe dans l’homme un désir naturel de cette vision, ce qui ne nous concerne pas directement ici. Cependant, nous nous intéresserons à un autre aspect de la pensée de Thomas d’Aquin, qui est lié à la béatitude finale surna ­turelle : l’évolution dans son enseignement sur la manière dont le corps ressuscité ajoute quelque chose à la béatitude des âmes des saints. Notre tâche n’est pas d’identifier les différentes positions reçues dans l’École sur cette question. Nous prenons pour acquis que la pensée de saint Thomas a effectivement subi un changement, et que sa position la plus aboutie, exprimée dans la Summa theologiae, est que le corps ressus­cité augmentera la béatitude de l’âme d’une manière extensive et non pas intensive, par opposition à sa première position (exprimée dans le Scriptum super Sententiis et dans les Quaestiones disputatae De potentia), selon  laquelle  il  affirme (ou sous ­entend) que  la  résurrection du corps d’un saint entraînera pour l’âme une augmentation de l’intensité de la béatitude. Qui plus est, nous partirons de l’idée communément reçue que sa dernière position dans la Somme de théologie est plus cohé­rente avec le reste de son enseignement.

  • Page de début 57
  • Page de fin 70
  • Catégorie Article
€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Tout au long de son commentaire du récit des apparitions pascales, dans les évangiles de Matthieu et de Jean, saint Thomas développe, à l’école des Pères, notamment de Denys, le sens « anagogique »des textes. L’expérience pascale des saintes Femmes et des Apôtres  continue d’éclairer l’Église, notamment à travers l’exégèse du Maître, et elle s’offre comme la principale source de l’intelligence chrétienne des fins dernières.

  • Extrait

    Dans son maître ouvrage sur l’exégèse médiévale, Henri de Lubac se faisait l’écho d’Yves Congar, selon qui le manque de sens eschatologique représentait le défaut le plus décisif de la théologie issue de la scolastique. « On peut ajouter, glosait le P. de Lubac, que ce défaut — qui n’est d’ailleurs ni constant, ni sans remède, — provient précisément de ce que la théologie n’a plus alors la forme d’une exégèse. » La théologie universitaire ne revêt certes pas au Moyen Âge la seule forme d’une exégèse biblique. À l’époque d’Albert, de Bonaventure ou de Thomas, la lecture de la Page sacrée demeure cependant un moment premier et essentiel du labeur théologique, de telle sorte que les questions disputées restent étroitement liées à l’interprétation du texte inspiré. Saint Thomas affirme ainsi que la théologie reçoit ses principes de l’Écriture. Elle les en extrait au prix d’une longue étude. Ce travail de découverte des principes de la théologie dans l’Écriture n’est pas une tâche accomplie une fois pour toutes, considérée comme un acquis par le théologien, qui n’aurait plus qu’à spéculer avec les instruments de la philosophie sur le donné préalablement fourni par l’exégèse. La mise en lumière des articles de foi à travers la lecture sans cesse reprise de l’Écriture est concrètement le moyen d’assurer la « subalternation » de la doctrine sacrée à la science de Dieu et des bienheureux. La lecture de l’Écriture nourrit constamment la foi de l’Église. Elle est l’âme d’une saine théologie, en particulier relativement aux fins dernières.

  • Page de début 35
  • Page de fin 56
  • Catégorie Article
€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Dans ses leçons sur les épîtres pauliniennes, saint Thomas livre un certain nombre de réflexions sur la fin des temps. Il ne s’agit pas de reconstituer à partir d’elles la doctrine que l’on peut trouver dans ses œuvres théologiques (In IV Sent., dist. 43-50 ; Sum. theol., Suppl., q. 73-92) mais d’examiner sa démarche d’exégète. L’approche philologique (critique textuelle, sémantique, grammaire…)  joue alors un  rôle  important mais les  éléments théologiques sont loin d’être absents ; ils sont examinés à partir des démarches propres de l’exégèse  (questio,  sed  contra, interprétations avec lesquelles  Thomas est en désaccord…). Mais il semble bien que Thomas soit encore plus intéressé par la dimension éthique des passages des épîtres. Toutes ces données sont examinées dans la tradition d’exégèse des lettres pauliniennes, particulièrement des commentateurs dominicains du xiiie siècle (Hugues de Saint-Cher, Pierre de Tarentaise, Nicolas de Gorran).

  • Extrait

    Après avoir lu l’ensemble des textes de Thomas sur les passages des épîtres pauliniennes touchant à l’eschatologie, je me suis posé un problème de méthode, me demandant comment il fallait présenter cette matière à la fois riche et apparemment décevante — décevante si l’on voulait reconstituer à partir des commentaires de saint Paul une eschatologie thomasienne. Certes, il aurait été possible, en s’inspirant par exemple de la Somme de théologie, de faire entrer dans un cadre prédéterminé les différents éléments fournis par les commentaires  : les signes qui précèdent le Jugement dernier, la résurrection des morts, le Jugement général, l’état du monde après le Jugement et, si l’on veut, la vision de l’essence divine — on aura reconnu les questions 73 à 92 du Supplementum. J’avais commencé par classer mes fiches en suivant ce beau plan ; mais cela m’a laissé totalement insatisfait et cela ne me paraît pas être de bonne méthode : un commentaire scripturaire n’est pas un traité de théologie, même si l’on peut y trouver nombre de réflexions théologiques. La démarche inverse, plus neutre et plus docile, aurait été de suivre les commentaires dans leur déroulement même : autre insatisfaction ici, on aurait abouti à une paraphrase brouillonne, laissant à l’auditeur le soin de recomposer lui-même les grandes lignes d’une pensée. La meilleure solution m’a semblé de partir de ce qui fait l’essence même du commentaire, de la méthode exégétique de saint Thomas. J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’analyser l’exégèse thomasienne des épîtres de  saint  Paul. À chaque fois me sont apparues dans la plus grande clarté les qualités de cette exégèse : rigueur, attention constante portée au texte, souci de pédagogie, mise en valeur des éléments théologiques portés par le texte.

  • Page de début 13
  • Page de fin 34
  • Catégorie Article
€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Comment s’articulent création du monde et génération du Verbe ? Quelle est la nature du lien entre la filiation divine du Fils de Dieu par nature et la filiation divine de l’homme par adoption ? Que signifie être créé à l’image de Dieu ? Quel est le statut ontologique de cette image ? Autant de questions cruciales, dont l’enjeu est anthropologique aussi bien que théologique. Comment se posent-elles chez saint Thomas d’Aquin, Maître Eckhart et Nicolas de Cues ? Nous analysons et discutons les différentes interprétations formulées et nous les confrontons entre elles à la lumière de la doctrine thomiste de l’esse. Cette confrontation permet de mettre en lumière, du même coup, ce qui sépare la christologie eckhartienne qui fait reposer la conformation au Christ sur une figure abstraite du juste, ou de « l’homme noble » à venir, et celle de saint Thomas pour qui l’imitation du Christ repose sur l’humanité du Christ historique et la méditation des mystères de sa vie concrète.

  • Extrait

    Comment s’articulent création du monde et génération du Verbe ? Quelle est la nature du lien entre la filiation divine du Fils de Dieu par nature et la filiation divine de l’homme par adoption ? Que signifie être créé à l’image de Dieu ? Quel est le statut ontologique de cette image ? Autant de questions cruciales, dont l’enjeu est anthropologique aussi bien que théologique, qui sont abordées par les contributions réunies dans le volume qui leur est consacré sous la direction de Marie-Anne Vannier. Comment se posent-elles chez saint Thomas d’Aquin, Maître Eckhart et Nicolas de Cues ? D’emblée, M.-A. Vannier situe la pensée d’Eckhart dans le lignage de saint Thomas d’Aquin en l’inscrivant dans le schéma de l’exitus et du reditus qui constitue le mouvement de sa Somme théologique. Comme ce dernier, selon elle, le Thuringien interprète l’exitus en se démarquant du néoplatonisme. Ainsi, la sortie ne doit pas être comprise comme une émanation qui impliquerait une « perte d’être », mais comme une création qui signifie « don de l’être ». La création est don de l’être, elle est ebullitio, elle effectue une différence ontologique entre le créateur et les étants créés, elle se distingue de la génération du Fils, elle invite à l’adoption filiale. Ainsi caractérisée, elle est essentiellement d’ordre ontologique, elle est collatio esse, rassemblement de l’être en Dieu qui est à la fois esse et unum. Cette doctrine recoupe-t-elle celle de l’Aquinate ? La question se pose : la création est-elle, pour ce dernier, ébullition ? Qu’en est-il vraiment ?

  • Page de début 655
  • Page de fin 690
  • Catégorie Etude
€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Ce bulletin comporte cinq rubriques : une première qui concerne les rapports de la christologie et du judaïsme; la deuxième aborde quelques ouvrages de christologie néotestamentaire; la troisième, l’édition de textes christologiques patristiques et thomasiens et leur traduction; la quatrième, des études doctrinales de christologie thomasienne; la cinquième et dernière, quelques essais de christologies réflexives et spirituelles.

  • Extrait

    Il reste fréquent d’entendre dire que l’Écriture et la théologie dogmatique entretiennent des rapports difficiles depuis l’avènement de la critique historique, plus généralement des méthodes littéraires (rhétoriques ou narratives) actuelles. C’est parfois vrai et variable selon les orientations et la précompréhension herméneutique du travail du théologien. Il arrive parfois que la combinaison exégètes et théologiens soit plus harmonieuse et sans artifice. On verra dans ce bulletin que plusieurs catégories théologiques considérées comme classiques dans les doctrines de la rédemption et souvent discutées, parfois même rejetées : substitution, expiation vicariale, satisfaction et sacrifice, retrouvent, en termes nouveaux et actualisés diront quelques-uns, places dans les développements de la sotériologie biblique. Un climat plus irénique, peut-être décomplexé, plus favorable parce que débarrassé d’a priori longtemps entretenus, permet une féconde réappropriation de notions que la théologie du début du XXe siècle avait exagéré la portée. Il reste que ce travail de décantation est en cours et n’en est probablement qu’à ces débuts ; il ne faudrait d’ailleurs pas qu’il soit compromis par un manque de discernement et par la tentation toujours possible du raidissement en réaction contre un passé trop proche où tant des choses passaient par pertes et profits. Il n’est en effet pas sûr que nous ayons tiré toutes les leçons de la crise qui a touché la théologie catholique depuis la fin des années soixante — et même avant. Il est vrai que le rythme régulier de la pensée humaine est d’aller de crise en crise. Le résultat n’est d’ailleurs que rarement négatif.

  • Page de début 627
  • Page de fin 653
  • Catégorie Bulletin
€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Ce texte a pour but de revenir sur les explications données dans mon livre sur la substance à propos de l’individuation. Alors que j’y soutenais l’individuation par la materia signata, j’abandonne à présent cette position en soutenant que l’individu est constitué comme individu à partir de sa forme
    principe d’être individuel. À cette occasion il est apporté quelques précisions sur la causalité respective de la matière et de la forme.

  • Extrait

    Dans mon ouvrage sur la substance j’ai soutenu la thèse classiquement attribuée à saint Thomas selon laquelle l’individuation est causée par la materia signata susceptible de recevoir des dimensions déterminées.  Une réflexion plus approfondie sur cette question à la suite de plusieurs lectures me conduit à abandonner désormais cette thèse en faveur de l’individuation par la forme, et à apporter quelques précisions sur ce sujet. Ici il ne sera pas question de savoir si oui ou non l’individuation par la matière dimensive est la thèse de saint Thomas, ou d’Aristote. Autrement dit il ne s’agit pas de savoir de quelles autorités thomistes ou aristotéliciennes peuvent se réclamer les diverses thèses sur l’individuation, bien que l’appui ou non de ces autorités puisse être un argument d’une certaine valeur. Il est plutôt question de mesurer la valeur des arguments qui permettent de conclure en faveur de l’une ou de l’autre des thèses en présence. L’objet de ce texte n’est pas non plus de reprendre tous les aspects de l’individuation, notamment au regard des questions de la métaphysique contemporaine. Sur ces points ce qui a été écrit me semble continuer à être assez valable et ne pas être incompatible avec la doctrine de l’individuation par  la  forme désormais adoptée. La réflexion présentée se poursuivra donc uniquement sur le plan de la philosophie première ou métaphysique conçue comme recherche des causes et principes de ce qui est en tant qu’il est.

  • Page de début 617
  • Page de fin 625
  • Catégorie Article
€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Dans un article consacré à la doctrine de saint Thomas d’Aquin sur les fins du mariage, le dominicain italien A. Oliva a tenté de montrer que, pour le Docteur commun, la procréation ne serait que la fin éloignée et extrinsèque du mariage, alors que l’amour mutuel entre les conjoints en serait la fin propre, intrinsèque et principale. Une étude attentive des textes de saint Thomas ne permet pas de  corroborer une telle interprétation, qu’aucun  commentateur, ancien ou moderne n’a jamais relevée, qui contredit au contraire son enseignement le plus clair et constant et qui repose surtout sur un certain nombre de graves contradictions métaphysiques, en particulier concernant la distinction entre perfection première et perfection seconde.

  • Extrait

    Dans un article copieux, érudit et stimulant, Adriano Oliva, dominicain de la province romaine et Président de la Commission léonine, propose une interprétation originale et subtile de la pensée de Thomas d’Aquin sur l’essence et les fins du mariage. Cet exposé, qu’il décrit lui-même comme une « réflexion renouvelée sur quelques aspects du mariage selon Thomas d’Aquin », repose sur l’application au cas du mariage de la distinction métaphysique entre deux ordres de fins : d’une part l’ordre de la fin propre, intrinsèque, essentielle et prochaine, d’autre part celui de la fin conséquente, extrinsèque ou éloignée. La fin propre d’une chose, « résultant de sa forme », « relève de son essence » et lui est essentielle ; elle est « inhérente à la res » dont elle est la
    fin et « impliquée nécessairement par [elle] ». La chose ne peut pas être sans cette fin. La fin conséquente ou extrinsèque, par contre, ne relève pas de l’essence de la chose et lui est extérieure ; elle relève de l’agir qui découle de cette essence et par lequel la chose peut, « de manière non nécessaire », contribuer à l’obtention de sa fin propre. La fin éloignée n’est pas « nécessaire à l’actuation de la fin propre et prochaine » de la chose.

    Adriano Oliva met en œuvre cette distinction pour expliquer la pensée de Thomas d’Aquin concernant les fins du mariage. La fin propre du mariage ne serait autre que ce qui constitue sa forme essentielle, à savoir, « la communion de vie entre les époux et l’amitié parfaite », ou encore, selon des mots empruntés à Thomas d’Aquin, « l’union indivisible des esprits et des cœurs ». La fin extrinsèque ou éloignée, elle, s’étendrait aux actes qui découlent de façon non nécessaire de cette communion de vie et ne dépendent pas de son essence, à savoir la procréation et l’éducation des enfants, ainsi que l’entraide que les conjoints se doivent, en particulier en vue du bien des enfants.

  • Page de début 573
  • Page de fin 616
  • Catégorie Article
€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    On voit souvent aujourd’hui le Christ des Évangiles comme concentrant a posteriori dans sa figure les prophéties de l’Ancien Testament. En  revanche, la  tradition qui, en passant par les Pères de l’Église, va du NouveauTestament jusqu’aux grands docteurs médiévaux inclusivement, en donnant la priorité à la finalité, considère que dans l’Ancien Testament il n’y a pas de prophétie qui ne soit pas fondée sur une révélation et une foi explicite au Christ à venir. Le Christ, qui est « la fin de la Loi » (Rm 10, 4), doit être déjà présent comme principe de toute l’économie de la Première Alliance, car il oriente celle-ci pour conduire vers lui. Il faut sans doute aujourd’hui se laisser interroger par ce réalisme téléologique et eschatologique dans l’interprétation typologique de l’Ancien Testament. Si on ne veut pas que celle-ci se réduise à n’être rien d’autre qu’une allégorie rhétorique construite a posteriori, ce qui porterait atteinte au réalisme de l’histoire du salut elle-même.

  • Extrait

    Nous voyons dans divers passages du Nouveau Testament qu’aux prophètes de l’Ancien Testament avait été explicitement révélée la personne du Christ, non seulement comme Messie d’Israël, mais aussi en tant que Fils de Dieu et Rédempteur du monde. Il est vrai que cela heurte notre mode de penser moderne, qui prend en compte davantage le progrès génétique selon la causalité dispositive qui va du moins au plus, que l’antériorité de la fin, laquelle par sa perfection commande ce processus. À cause de cela, nous risquons de nous priver de la principale clé herméneutique pour la lecture chrétienne de l’Ancien Testament en réduisant la typologie à une simple allégorie figurative produite par une réinterprétation a posteriori. Nous voudrions dans cet article donner la parole à la tradition patristique, qui va du Nouveau Testament jusqu’à inclusivement les grands docteurs du XIIIe siècle représentés ici par saint Thomas d’Aquin, pour entrer dans leur compréhension de la typologie fondée sur la foi au Christ à venir, propre aux prophètes.
    Une phrase de saint Irénée de Lyon résume la manière dont la tradition patristique comprend cette révélation anticipée du Christ comme source de la prophétie dans l’Ancien Testament. Commentant l’expression de Paul « La fin de la loi, c’est le Christ » (Rm 10, 4), Irénée dit : « Comment le Christ serait-il la fin de la loi, s’il n’en avait été aussi le principe  ? Car Celui qui a amené la fin est aussi Celui qui a réalisé le principe. »

  • Page de début 555
  • Page de fin 571
  • Catégorie Article
  • Sous-titre À la lumière des Pères de l’Église et de saint Thomas d’Aquin
€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Cet article traite de la théorie de l’option finale dans la mort telle qu’elle est développée par Palémon Glorieux et Ladislas Boros. Après avoir présenté les principes essentiels qui ont conduit à l’élaboration de ladite théorie ainsi qu’aux développements actuels qui en découlent, l’auteur cherche à démontrer  que  la  théorie ne rend justice ni à une saine anthropologie thomisteni au dogme révélé. S’efforcer d’imaginer une option pour Dieu, grâce à l’intensité d’un « moment de la mort » qui serait à la fois in statu viae et in statu termini, malgré toute son ingéniosité, est non seulement voué à l’échec mais aussi présente le sérieux inconvénient d’amoindrir l’appel évangélique à la conversion et au devoir de veiller dans l’attente du Fils de l’Homme.

  • Extrait

    Il n’est pas rare de nos jours d’entendre parler de la mort comme d’un moment de rencontre avec le Christ. Traditionnellement, cette rencontre est présentée comme une comparution devant le Christ-juge dans le contexte du jugement particulier. Cependant, aujourd’hui, on la présente parfois comme un moment d’illumination et de réévaluation de sa vie en vue de prendre une option ultime en faveur de Dieu. Des modèles variés d’une telle hypothèse sont proposés, mais tous éprouvent une difficulté à expliquer quand aurait lieu une telle rencontre. Pour les uns, elle aurait lieu entre la mort clinique et la mort réelle, donc en réalité avant la mort ; pour d’autres, elle serait possible en un « moment d’intensité » qui ne serait ni avant, ni après, mais dans la mort ; enfin, certains pensent qu’elle se passerait dans l’au-delà, après la mort.

    Nous estimons que la première solution, même si elle mérite considération, est un domaine fermé à toute investigation rationnelle. Pour la deuxième, nous nous efforçons dans ces pages de démontrer que l’expression dans la mort signifie ni plus ni moins que : après la mort. Quant à la troisième — et donc à la deuxième aussi —, nous voulons montrer qu’elle se trouve en défaut par rapport à l’enseignement de l’Église sur la mort comme fin du status viae, et sur le jugement particulier qui advient in morte.

  • Page de début 531
  • Page de fin 554
  • Catégorie Article
  • Sous-titre Critique d’une hypothèse
€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)
Page 10 sur 296