Revue doctrinale de théologie et philosophie
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La revue thomiste

La revue thomiste (4137)

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  • Extrait

    La question de la prédestination est de nouveau à l’ordre du jour, le phénomène est assez rare pour devoir être noté. Il ne s’agit pas d’exhumer un vieux problème mais de répondre à une question formidable et centrale dans la foi chrétienne. Aussi décalée soit-elle, au regard de préoccupations postmodernes, elle ne cesse de se poser. Le frère Basile Valuet en est tellement persuadé qu’il a osé reprendre à frais nouveaux l’analyse précise des textes de saint Thomas dans leur ordre chronologique et selon une exégèse linéaire, et in fine proposer une synthèse générale qui est un essai de solution, dont les lecteurs de la Revue thomiste ont eu une version nouvelle.
    L’A. annonce trois autres volumes plus historiques qui concerneront principalement la tradition occidentale, depuis sa formulation scripturaire paulinienne et son interprétation augustinienne, jusqu’au dernier quart du XXe siècle. Une trajectoire décisive et complexe, qui charrie bien des problèmes, semble aboutir à des impasses, où les interprètes ne cessent de soulever toutes sortes de difficultés logiques, métaphysiques et doctrinales. Les débats répétés à satiété susciteront de nombreuses interventions magistérielles de caractère souvent prudentiel, qui obligeront chaque partie en présence (les thomistes et les molinistes) à des ajustements, dont on ne prend pas a posteriori toute la mesure ; bref, c’est encore une des questions de fond les plus controversées, largement devant celle, bien connue, du motif de l’Incarnation ou de l’union des deux natures dans le Christ. Après une parenthèse de cinquante ans,après le concile, pour des raisons qui seraient à expliquer, auxquelles il ne convient pas ici de s’arrêter, la question est aujourd’hui heureusement reprise à frais nouveaux.

  • Page de début 507
  • Page de fin 514
  • Catégorie Chronique
  • Sous-titre La théologie thomasienne de la prédestination selon le P. Basile Valuet
€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Le sédévacantisme est cette opinion théologique récente affirmant que le Siège de Pierre est vacant depuis le concile Vatican II, pour cause d’hérésie. L’ouvrage récent publié par M. Hecquard, La Crise de l’autorité dans l’Église, Les papes de Vatican II sont-ils légitimes ? (P.-G. de Roux, 2019) reprend cette thèse et en renouvelle l’argumentation. Cet article examine les sérieuses défaillances méthodologiques qui obèrent cette thèse (mésusage du droit canonique, extension de l’infaillibilité pontificale, généralisations indues)

  • Extrait

    Le sédévacantisme est cette opinion religieuse dissidente, en périphérie de l’Église catholique, qui affirme (sous une forme ou une autre) que le siège de Pierre est vacant depuis quelques décennies, le pontificat de Jean XXIII étant le pivot, que ce pontife soit considéré comme le premier usurpateur du Saint-Siège, ou comme le dernier pape légitime. Comme tout courant doctrinal marginal, le sédévacantisme comporte une pluralité de chapelles et de dénominations (sédévacantisme, sédéprivationisme, catholicisme semper idem), qui n’enlèvent cependant pas ce qui fait l’unité du courant, à savoir le rejet des papes contemporains pour cause d’hérésie et l’affirmation de la vacance du Siège apostolique. Jusque-là très discret, ce courant bénéficie d’un regain d’actualité sans précédent avec la publication récente d’un ouvrage de Maxence Hecquard, La Crise de l’autorité dans l’Église. Le sous-titre de l’essai est des plus révélateurs, sous forme de question purement rhétorique : Les papes de Vatican II sont-ils légitimes ?

  • Page de début 489
  • Page de fin 506
  • Catégorie Etude
€8.17
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Ce bulletin présente diverses publications françaises et anglosaxonnes touchant à la théorie politique, à l’histoire des idées politiques, aux relations internationales et aux études thomistes parues ces dernières années (2012-2019). (1) Dans le cadre d’une histoire des idées politiques, on souligne des approches antiques (la nature humaine, l’institution de la cité et l’esclavage), la mise en relief de la modération en politique chez Montesquieu, une relecture de Tocqueville et la compréhension problématique du pervertissement totalitaire et de la banalité du mal chez Arendt. (2) Quant aux conflits et résistances dans le cadre des relations internationales, on présente une forme de pacifisme modéré et l’efficacité d’une résistance civile non violente. (3) Enfin, dans le cadre des thomistica, on présente les écrits politiques de saint Thomas, ainsi que sa doctrine riche et nuancée de la guerre juste.

  • Extrait

    Stricto sensu, la science politique est une discipline assez contemporaine apparue au début du XXe siècle, dans la mouvance des grandes sciences sociales. Cette spécificité de la science politique contemporaine n’empêche pas de considérer l’importance des grandes réflexions politiques qui jalonnent l’histoire de l’humanité, surtout celles où s’affirment progressivement les principes d’une démarche scientifique.
    Le domaine qui constitue l’objet de la science politique peut être identifié de manière claire et pratique en distinguant les branches ou sous-disciplines qu’elle intègre. On distingue classiquement quatre branches. [1] La théorie politique vise à élucider et à affiner les concepts transversaux au politique ; elle formule des théories globales ; elle discute les grands modèles d’interprétation de la réalité sociale et politique. Cette sous-discipline est bien souvent associée à la philosophie politique et à l’histoire des idées. [2 a] La sociologie politique est l’étude monographique ou comparative des divers acteurs de la vie politique : institutions, partis, personnel politique, groupes d’intérêts, lobbys ; [2 b] c’est aussi l’analyse des élections, des processus de socialisation et des stratégies de communication politique ; [2 c] c’est enfin l’étude des modes de construction des idéologies et des représentations symboliques. [3] La gouvernance et l’action publique. C’est en fait un cas particulièrement éminent de la sociologie politique, appelé aussi science administrative. C’est l’étude comparée des processus décisionnels dans les États, les grandes entreprises ou les organisations internationales. [4] Enfin, les relations internationales. Historiquement, c’est l’étude des rapports interétatiques, pacifiques ou belliqueux. À ces relations internationales est associée l’étude des area studies, autrement dit des aires culturelles. Ceci étant, au-delà de la diversité de ces domaines d’études, il ne faut pas perdre de vue l’unité de la science politique. Le noyau dur est le champ politique, là où réside la capacité à imposer ultimement des règles obligatoires. Mais l’objet de la science politique est aussi toute cette zone des échanges qui s’effectuent avec les modes de production économiques et culturels.
    Ce bulletin sera essentiellement un bulletin de théorie politique, en lien avec la philosophie politique et l’histoire des idées politiques. Mais on se permettra aussi, de temps à autre, des analyses d’ouvrages importants dans les autres champs de la science politique.

  • Page de début 463
  • Page de fin 488
  • Catégorie Bulletin
€8.17
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Pour ce dixième bulletin, la moisson n’est pas abondante. La prolifique christologie des exégètes fournit des résultats qui ne dépassent guère le stade des savantes reconstructions et des hypothèses. Cependant, elles manifestent une indéniable vitalité et quelques lignes d’épuisement, pour ne pas dire de lassitude. La christologie théologique, qui marque le pas depuis trente ans, semble sortir de sa torpeur. Il reste à en prendre la température dans un prochain bulletin.

  • Extrait

    Ce dixième bulletin sera plus bref. L’exégèse des évangiles reste productive. Les hypothèses et les reconstructions historiques ne manquent pas, mais, outre d’avoir un parfum de déjà dit, leur multiplicité
    et les conclusions auxquelles chaque spécialiste aboutit marque le caractère, une fois de plus,  aléatoire des résultats. On observe encore sur ce point peu de dialogues entre théologiens et spécialistes des disciplines positives. Ceux-ci ne s’aventurant pas à demander à ceux-là quelques avis. Le vieux problème de l’articulation entre exégèse et dogme, histoire et foi, demeure entier, malgré l’apparition de nouvelles méthodes : narratologie et rhétorique en particulier.

  • Page de début 449
  • Page de fin 462
  • Catégorie Bulletin
€8.17
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    L’objet de cet article est de clarifier l’articulation entre conscience et loi naturelle, d’abord chez saint Thomas, puis dans les manuels de philosophie et de théologie morale d’avant Vatican II. La conscience au sens strict (la conscience actuelle) est l’application de la connaissance générale donnée par les préceptes de la loi naturelle à une situation concrète perçue par la raison. Les manuels, en suivant une piste ouverte par saint Thomas, ont développé le concept de conscience habituelle, qui comprend un ensemble d’habitus : la syndérèse, la science morale, l’expérience de la vie et la vertu de prudence. Dans ce sens, la conscience (habituelle) englobe la loi naturelle. L’auteur de l’article suggère la possibilité d’utiliser le double concept de conscience (habituelle et actuelle), de préférence à celui — souvent mal compris — de loi naturelle dans l’exposition de la morale chrétienne. Dans la ligne des Pères et du renouveau prôné par Vatican II, la conscience signifierait alors de façon générale le sujet moral, c’est-à-dire le sujet appelé par Dieu à faire le bien et à éviter le mal, ou bien cette capacité même du sujet à connaître le bien et le mal, dont le noyau dur est la syndérèse et qui est perfectionnée par la prudence, la science morale, l'expérience de la vie et d'autres habitus.

  • Extrait

    Notre propos est de caractériser l’articulation entre la conscience et la loi naturelle telle qu’elle apparaît dans les manuels de théologie morale et de philosophie morale en usage avant et pendant le concile Vatican II à la lumière des textes de saint Thomas sur la conscience et la prudence, auxquels ces manuels se réfèrent. Nous analyserons cette articulation telle qu’elle apparaît chez saint Thomas (2), mais après avoir situé historiquement les concepts de conscience et de syndérèse tels que saint Thomas les reçoit (1). Puis nous étudierons la doctrine sur la conscience, y compris l’articulation entre conscience et loi naturelle, telle qu’elle apparaît dans les manuels (3). Enfin nous en tirerons des conclusions et des perspectives (4).

  • Page de début 397
  • Page de fin 448
  • Catégorie Article
€8.17
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Aristote affirme dans le De anima que « l’âme est d’une certaine manière tout ce qui est ». Mais tout ce qui est ne se réduit pas à ce qui est pensé. Ce qui est dans l’âme est le concept de la pierre, non la pierre. La pensée n’accède donc qu’au concept de la chose, non à la chose. La réalité lui échappe-t-elle pour autant ? Ce débat se poursuit aujourd’hui sous d’autres formes. Il est au coeur de notre problématique. Mais il faut le dépouiller de son contexte historique pour saisir ce qui est véritablement en jeu. Si nulle correspondance ne permet une adéquation entre l’intellect en tant que conçu et ce qui est en réalité, un abîme s’ouvre entre la pensée et l’être. L’absence de référence engendre l’oeuvre de la déconstruction qui rejette tout concept, tout mot, tout énoncé à partir d’un fond, d’un texte premier. Tout devient signe qui renvoie au signe indéfiniment, sans référent et sans sujet. Penser signifie traduire un système de signes en un autre système de signes et toute traduction ne peut avoir qu’un caractère testamentaire, c’est-à-dire d’abandon d’un sens pour un autre. Sans sujet et sans objet, le texte reste suspendu à lui-même, il est mis en abîme (Ab-grund), reste sans fondement (Grund). Toute  explication et toute compréhension deviennent impossibles et doivent faire place à une pure invention donnant lieu à la création sans fin de concepts toujours nouveaux à laquelle se ramène l’activité de la pensée.

  • Extrait

    Aristote affirme dans le De anima que « l’âme est d’une certaine manière tout ce qui est ». Mais tout ce qui est ne se réduit pas à ce qui est pensé. Ce qui est dans l’âme est le concept de la pierre, non la pierre. La pensée n’accède donc qu’au concept de la chose, non à la chose. La réalité lui échappe-t-elle pour autant ? Le De anima n’a cessé d’être examiné par la critique médiévale. Celle-ci témoigne de l’indépassable actualité de la question soulevée par cette oeuvre : comment penser ce qui est sans réduire ce qui est à ce qui est in intellectu en tant que pensé, et sans renoncer à saisir ce qui est en tant qu’il est dans la réalité, in re ?
    La réponse du Stagirite semble attester l’immanence du connu dans le connaissant en affirmant l’unité de l’acte de connaître et de l’objet connu. Cette notion d’immanence est, précisément, ce qui fait l’objet du débat. Désigne-t-elle la réalité ou la représentation de la réalité ? Cette représentation est-elle elle-même une réalité psychique ou une métaphore ? Exprime-t-elle la présence d’une forme dans la faculté de connaître ou celle de la réalité visée par l’acte de connaître ? Est-ce que ce qui est a un statut indépendant et extérieur à ce qui le pense ? Autrement dit, est-ce que l’on parle de ce qui est en réalité, in re, quand on parle de ce qui est intelligé, in intellectu ? « L’eidos de la pierre, non la pierre, est dans l’âme », dit le De anima. Quid donc de la pierre hors de l’âme ? Est-ce bien cette pierre qui est intelligée et connue ?

  • Page de début 381
  • Page de fin 396
  • Catégorie Article
  • Sous-titre De l'esse in re à l'esse objectivum
€8.17
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Le positivisme et le néo-positivisme, rejetons de la philosophie critique de Kant, ont pour un temps imposé dans la culture des milieux scientifiques et universitaires le dogme selon lequel l’explication des réalités naturelles devait exclure tout recours aux notions de finalité autant que de causalité, réputées appartenir à des âges révolus de la pensée. L’échec, dans la théorisation scientifique des phénomènes naturels, du mécanicisme résultant de cette exclusion a conduit logiquement à une réhabilitation de ces deux notions, parce que la science ne peut, sans renoncer à sa vocation explicative, se passer de la seconde, et que la finalité apparaît comme inhérente au rapport de détermination causale, dans la mesure où celui-ci n’est rien d’autre que l’aptitude d’une cause à produire tel effet.

  • Extrait

    Que n’a-t-on dit ou écrit, depuis Spinoza, sur le caractère anthropomorphique et antiscientifique de la physique finaliste d’Aristote ! Combien n’a-t-on fait gloire à la science dite moderne d’avoir dû ses succès au fait qu’elle s’en serait affranchie !
    Il est vrai que Galilée, en mathématisant la physique à l’exemple d’Archimède, et en considérant l’héliocentrisme de Copernic comme une hypothèse plus vraisemblable que le géocentrisme d’Aristote, avait décentré l’homme dans l’Univers, et relativisé son point de vue, désormais mobile. Mais ce rejet de l’anthropocentrisme physique allait de pair, chez Galilée, avec un théocentrisme ontologique : la mise en évidence de l’ordre mathématisable des phénomènes, célestes autant que terrestres, était pour lui la manière scientifique de vérifier que l’Univers manifeste le dessein intelligent, divin et non humain, qui est à son principe. Le livre de la Sagesse ne dit-il pas que Dieu a tout créé « avec nombre, poids et mesure » ? Contrairement à ce que d’aucuns ont voulu faire croire par la suite, la physique et la cosmologie classiques ne naissaient pas d’une dissociation d’avec toute théologie providentialiste : c’est au contraire celle-ci qui donnait leur sens aux premières, en même temps que celles-là lui apportaient leur confirmation.

  • Page de début 355
  • Page de fin 380
  • Catégorie Article
€8.17
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    Ouvrages recensés :

    Durand (E.), Évangile et Providence (Ph.-M. Margelidon)
    Durand (E.), L’Être humain, divin appel (D. Le Pivain - Ph.-M. Margelidon)

  • Extrait

  • Page de début 347
  • Page de fin 352
  • Catégorie Recensions

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  • Résumé

    Cet article est une revue de la production de la philosophie analytique qui cherche à mettre en lumière, à l’occasion de la présentation de plusieurs ouvrages en langue française, le caractère classique et intéressant des thèmes philosophiques abordés par les auteurs qui appartiennent au courant analytique. Il montre donc que la pensée aristotélico-thomiste peut se faire entendre dans ce contexte pour peu qu’elle accepte, comme la scolastique l’a toujours fait depuis son origine, la discussion argumentée.

  • Extrait

    Les origines de la philosophie analytique sont diverses. Dès la fin du XIXe et au début du XXe siècle, Franz Brentano, éduqué dans l’aristotélisme, et représentant un courant de pensée d’Europe centrale n’ayant jamais accepté le kantisme, prône le développement d’une philosophie exacte, objective. L’une des thèses qu’il soutient est que la méthode de la philosophie doit être analogue, sinon identique, à celle des sciences. À Vienne se développera également le fameux cercle du positivisme logique qui tente d’unifier les sciences et de leur donner la forme et la portée d’un langage rigoureux. Ce projet aboutit au livre de Rudolf Carnap, La Construction logique du monde. Cela se double aussi, chez le même Carnap (1891-1970), d’un rigoureux vérificationnisme. Il implique un violent rejet de la métaphysique, accusée de ne pouvoir satisfaire aucun des deux critères de la scientificité : ni vérification sensible, ni langage rigoureux. Pendant ce temps, en Angleterre, Bertrand Russell (1872-1970), accompagné par George Moore (1873-1958), initie un rejet du néohégélianisme jusque-là dominant à travers Francis Bradley (1846-1924) et Bernard Bosanquet (1848-1923). Il lui substitue l’atomisme logique, qui s’exprime entre autres dans les Principia Mathematica (1910-1913). Influencé d’abord par le Cercle de Vienne, puis encore par le positivisme logique, Ludwig Wittgenstein (1889-1951) en viendra bientôt à imprimer à la philosophie le célèbre linguistic turn, le langage de référence étant dans un premier temps le langage de la logique, puis secondairement le langage ordinaire. Indépendamment du choix que l’on pouvait faire, la question de savoir quel état de choses justifiait les formules ou le langage ne cessait de se poser, aussi bien pour la logique à travers le problème de la référence et de la portée de la quantification, que pour le langage ordinaire, d’autant plus qu’Alfred Tarski (1902-1983) développait sereinement une doctrine de la vérité comme correspondance (= adaequatio) à la réalité. À partir de là, la voie s’ouvrait vers le développement d’un questionnement regardant l’ensemble des êtres, y compris ceux qui ne pouvaient pas être perçus par les sens comme les universaux, les nombres, etc. Le résultat fut qu’après le linguistic turn se produisit un inattendu metaphysical turn.

  • Page de début 323
  • Page de fin 346
  • Catégorie Bulletin
€8.17
(TTC - TVA à 2.1%)

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  • Résumé

    L’auteur cherche ici à recueillir le meilleur de la position de saint Thomas, à en discerner les limites et à proposer quelques explicitations ou améliorations. La volonté divine permissive rend possible le mal moral, mais celui-ci ne s’ensuit pas nécessairement. Lorsque saint Thomas affirme que rien ne résiste à la volonté de Dieu à propos d’un effet donné ayant lieu à un instant du temps, cela vaut seulement de la volonté conséquente, laquelle tient compte de tout ce qui aura eu lieu avant cet instant. Donc la volonté de donner la grâce efficace tient compte de la non-résistance antérieure de l’homme à la grâce suffisante, et la volonté de donner la gloire à tel instant tient compte de la vie antérieure de mérite. Ce n’est pas de volonté antécédente que Dieu veut, indépendamment de toute considération des démérites, qu’il y ait des hommes à punir pour que sa justice soit manifestée. Ce n’est pas pour avoir des hommes à damner que Dieu a permis leur péché. Si l’acte de prédestiner, et l’ensemble de ses effets sont indépendants des actes des hommes, en revanche, la prédestination à un don précis tient compte de la prescience d’actes humains antérieurs à ce don. Le plan général du salut d’une personne use d’une série de moyens faillibles pour arriver à sa fin. L’esse communiqué par Dieu à l’effet de la cause seconde à travers celle-ci même est contracté par l’essentia (soit naturelle, soit intentionnelle) de la cause seconde. De ce fait, parmi les prémotions, seules les prémotions morales proposent comme objet de choix une spécification, et ce, de manière faillible, tandis que les prémotions physiques fournissent seulement le passage de la puissance à l’acte de délibérer et de choisir, c’est-à-dire l’exercice, et ce, éventuellement de manière infaillible. La grâce-motion n’est  pas autre chose que le mouvement même de l’âme. Si Dieu est en train de mouvoir la volonté créée à l’exercice de tel choix, il est incompatible avec cette hypothèse que la liberté créée ne soit pas en train d’exercer ce choix-là, mais cela n’entraîne nullement que sous la même motion efficiente de Dieu à l’exercice du choix à propos de la même spécification, le choix n’aurait pas pu être autre.

  • Extrait

    2. L’exécution du plan divin dans la créature
    L’exécution du plan divin dans la créature temporelle a lieu a) d’une part au moyen du concours divin général, b) d’autre part par le biais d’un concours relevant de la grâce.

    a) Concours divin et liberté créée en général

    14. Un des principaux autres inconvénients du vocabulaire thomasien, vu de notre côté, c’est son opinion selon laquelle la « coercition » (et son usage de cogere est d’ailleurs polysémique) est seule à s’opposer à la « liberté », tandis que la nécessité ne s’y opposerait pas. Le Maître médiéval est ici tributaire d’une formule de l’évêque d’Hippone, laquelle a sans doute contribué à embrouiller ultérieurement les débats autour du jansénisme. Plus exactement, dans les questions qui nous occupent, et sans prévenir, il use du mot libertas dans deux sens bien différents, à savoir pour désigner soit simplement la libertas a coercitione, soit de manière plus restreinte la libertas a necessitate, le libre arbitre proprement dit, ou liberté psychologique. C’est seulement de temps en temps qu’il met en place la distinction entre les deux. C’est donc avec précaution qu’il faut citer les textes de saint Thomas affirmant que la « liberté » de l’homme est sauvegardée par telle ou telle motion divine (car certaines grâces actuelles sont opérantes et donc nécessitantes, et correspondent alors à des mouvements indélibérés de la créature, dotés de la seule liberté de spontanéité).

  • Page de début 299
  • Page de fin 322
  • Catégorie Article
€8.17
(TTC - TVA à 2.1%)
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