Revue doctrinale de théologie et philosophie
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mardi, 31 décembre 2013 13:00

Unité et altérité chez Emmanuel Lévinas

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  • Résumé:

    Le dépassement de l’ontologie, commun à la pensée lévinassienne et au néoplatonisme, distingue l’économie de l’Un-Bien et l’économie de l’Être. Emmanuel Lévinas appelle la philosophie de l’au-delà de l’être : éthique. Or, l’ordre de l’au-delà de l’être ne se substitue pas dans la tradition néoplatonicienne à l’ordre de l’être (Jean-Marc Narbonne). Il n’en est pas ainsi pour Lévinas, héritier de l’interprétation radicale de la première hypothèse du Parménide, parce que l’être est de trop pour l’Un-Bien qui est autrement qu’être et que ce qui appartient à la sphère de l’être ne porte aucunement l’empreinte du Bien. Il s’ensuit que l’être est identifié au mal par lui. Pour ce dernier, l’esse n’est pas acte d’être d’un esse per se subsistens, il est acte d’être rien d’autre que soi, acte de s’identifier à soi. La métaphysique de l’être fait ainsi place à une philosophie de l’autre. Être à partir de l’autre, ce n’est pas être autrement mais autrement qu’ être. Cet article veut montrer en conclusion que la question authentiquement philosophique n’est pas de saisir l’autre en tant qu’autre, mais l’être en tant qu’être.

  • Extrait:

    Dans son maître ouvrage, publié en 1978, Autrement qu’ être ou au-delà de l’essence, Emmanuel Lévinas reprend la thèse platonicienne selon laquelle le Bien est « au-delà de l’être (ἐπέκεινα τῆς οὐσίας) ». Cette thèse sous-entend que toute philosophie de l’être est une négation de la transcendance. En voulant comprendre l’être, elle l’enferme dans les limites de la compréhension et devient une philosophie de l’immanence « atteinte d’une horreur de l’Autre qui demeure Autre, d’une insurmontable allergie ». Il s’ensuit que le Dieu des philosophes, d’Aristote à Leibniz, à travers le Dieu des scolastiques, est un Dieu adéquat à la pensée totalisante de l’être. Tel serait le sort de toute la philosophie occidentale, voire de la philosophie tout court, incapable de sortir du cercle de l’être : « L’histoire de la philosophie occidentale a été une destruction de la transcendance. »

  • Page de début: 5
  • Page de fin: 46
  • Catégorie: Article
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PASQUA Hervé

Hervé Pasqua est professeur de philosophie médiévale. Il exerce ses activités d’enseignement et de recherches dans le cadre du laboratoire de recherche (CRHI) du département de philosophie de l’Université de Nice Sophia Antipolis. Président de la Société Française des Études cusaines, il est aussi titulaire de la Chaire Jean-François Mattéi du Centre Universitaire Méditerranéen (CUM). Il publie actuellement aux PUF, dans la collection Épiméthée, une traduction de l’œuvre latine de Nicolas de Cues. Il est entre autres l’auteur de Maître Eckhart, le procès de l’Un (Cerf, 2006) et traducteur de l’oeuvre de Nicolas de Cues (PUF et Cerf). Dernière parution : Le Jeu de la boule de Nicolas de Cues, traduction, introduction et notes, Paris, Cerf, 2019. À paraître : Nicolas de Cues, l’Un sans l’être.

€5.11
(TTC - TVA à 2.1%)

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