Revue doctrinale de théologie et philosophie
Connexion S'enregistrer

Connexion à votre compte

Identifiant
Mot de passe
Maintenir la connexion active sur ce site
You are here:Accueil > La revue thomiste > Les publications périodiques > 1956 - Tome LVI > Les articles > Actualité et originalité de l' « esse» thomiste
jeudi, 07 juillet 2016 15:54

L’âme séparée : le paradoxe de l'anthropologie thomiste

Écrit par
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Informations supplémentaires

  • Résumé:

    Au plan ontologique, l’âme qui subsiste après la mort séparée du corps est amputée d’une dimension essentielle de sa nature. Pourtant, au plan noétique, elle « possède une certaine perfection qu’elle ne peut posséder lorsqu’elle est unie au corps » (Q. De anima, q. 17, ad 1). En effet, elle reçoit désormais sa connaissance d’un influx noétique venant directement de Dieu. Saint Thomas repère dès ici-bas des anticipations de ce mode de connaître, preuve que, pour un être qui, comme l’homme, participe au monde des esprits, il n’est pas une anomalie contre nature mais correspond à un état préternaturel. Toutefois, si la manière de connaître de l’âme séparée est plus élevée, la connaissance qu’elle lui procure est plus imparfaite que celle de l’âme unie au corps.

  • Extrait:

    Voici le paradoxe : « L’âme unie au corps est de quelque manière plus parfaite que l’âme séparée, à savoir du point de vue de la nature spécifique, mais, du point de vue de l’activité intellectuelle, elle possède, séparée du corps, une certaine perfection qu’elle ne peut posséder lorsqu’elle est unie au corps. Ceci n’est pas contradictoire car l’opération intellectuelle appartient à l’âme en tant qu’elle transcende le rapport au corps. En effet, l’intellect n’est pas l’acte d’un organe corporel. »
    L’âme humaine séparée, c’est-à-dire l’âme en tant qu’elle subsiste en elle-même indépendamment du corps après la mort, parce qu’elle est de soi incorruptible, présente donc, selon saint Thomas d’Aquin, deux caractéristiques dont la conciliation, quoi qu’il en dise, ne va pas de soi. D’une part, par rapport à son état d’ici-bas, l’âme, amputée du corps dont elle est par nature la forme, souffre d’une certaine imperfection ontologique à tel point que, selon une thèse bien connue de saint Thomas, elle n’est plus une personne mais un fragment de personne. C’est là une conséquence directe de l’anthropologie unitaire aristotélicienne résolument adoptée par l’Aquinate. Mais, d’autre part, l’âme une fois séparée du corps semble bénéficier, toujours en comparaison avec son état d’ici-bas, d’un surcroît de perfection noétique. Au royaume très platonicien des  purs  esprits,  elle  semble  enfin  épanouir  pleinement  ses  capacités intellectuelles jusque-là limitées dans leur exercice par les conditionnements corporels. Alors, aristotélisme en deçà de la mort, platonisme au-delà ?

  • Page de début: 71
  • Page de fin: 103
  • Catégorie: Article
  • Sous-titre: Le paradoxe de l'anthropologie thomiste
Lu 1067 fois
Serge-Thomas Bonino, o.p.

Le fr. Serge-Thomas Bonino, o.p., né à Marseille en 1961, est maître en sacrée théologie, docteur en philosophie et en théologie, ancien directeur de la Revue thomiste. Il est secrétaire général de la Commission théologique internationale, président de l’Académie pontificale de Saint-Thomas d’Aquin et doyen de la faculté de philosophie de l’Université pontificale de Saint-Thomas d’Aquin (Angelicum) à Rome, où il enseigne la théologie dogmatique et l’histoire de la philosophie médiévale. Il est l’auteur de Anges et démons, Quatorze leçons de théologie catholique (Parole et Silence, 2007) ;  « Celui qui est » (De Deo ut uno), « Bibliothèque de la Revue thomiste », Paris, Parole et Silence, 2016.

€8.17
(TTC - TVA à 2.1%)

Laissez un commentaire

Make sure you enter all the required information, indicated by an asterisk (*). HTML code is not allowed.