Revue doctrinale de théologie et philosophie
Connexion S'enregistrer

Connexion à votre compte

Identifiant
Mot de passe
Maintenir la connexion active sur ce site

Quatrième session

Du 04 Avril 2016 11:45 jusqu'au 08 Avril 2016 17:00

Fr. Thierry-Marie Hamonic : Volonté, raison et passion : force et faiblesse de la volonté

« Je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas ». Cette formule bien connue de S. Paul semble renfermer une contradiction. Par définition, ce que l’on fait, on le fait volontairement. Et lorsque nous nous laissons emporter par nos passions, c’est d’une manière ou d’une autre parce que la volonté a voulu y céder. Et pourtant, Paul affirme ceci qui paraît contradictoire : en même temps que la volonté voudrait ne pas céder, elle cède. Elle veut ne pas vouloir (céder) lors même qu’elle le veut !
De quelle lumière l’anthropologie de S. Thomas permet-elle d’éclairer la question de la faiblesse de volonté et du mystérieux dédoublement qu’elle présuppose ? Mais aussi quelles perspectives sa morale nous ouvre-t-elle sur ce qui peut la renforcer ?
Tel est l’angle sous lequel nous aborderons la question des rapports entre la volonté, la raison et les passions.

Fr. Emmanuel Perrier : La vie de Dieu selon saint Thomas d’Aquin

« ‘Je suis vivant !’ dit le Seigneur, et sa gloire remplit toute la terre » (Nb 14, 21). L’attribution de la vie à Dieu est une constante de la Révélation juive, puis chrétienne. Saint Thomas d’Aquin en offre une transcription qui paraît au premier abord minimisante : dans la Somme de théologie, le thème de la vie de Dieu (Ia, q. 18) est intégré au traité de la science divine. Or, loin d’en faire un appendice, cette place subordonnée est l’indication d’une réflexion théologique très élaborée sur la nature spirituelle de Dieu, qui se déploie selon deux dimensions. D’une part, notre mode de connaissance de Dieu au travers de ses œuvres nous conduit à le nommer comme « vivant », c’est-à-dire à affirmer qu’en Lui se trouve la Vie en plénitude. D’autre part, dans l’affirmation que Dieu est le Vivant est signifié le fondement de tout rapport de Dieu à l’égard du monde : l’opération divine est identique à son essence. Cette double perspective fait de la théologie thomasienne une véritable mystique du Dieu vivant, suivant l’exclamation du psalmiste : « mon cœur et ma chair exultent dans le Dieu vivant ».