Revue doctrinale de théologie et philosophie
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The thomistic periodical

The thomistic periodical (4140)

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  • Abstract

    Ce bulletin « Théologie et science  (I) » analyse un domaine scientifique qui pose des questions radicales pour l’anthropologie : les neurosciences. La première partie donne une présentation de ce savoir. Elle en relève les ambitions anthropologiques : fonder une « science de l’esprit ». Elle analyse les fondements et y reconnaît une philosophie de la nature où le concept d’émergence est décisif dans un contexte de pensée de la vie en évolution.

  • Extract

    Dans notre précédent bulletin sur les sciences, centré sur la question de la place de l’humanité dans la nature, notre attention était retenue par les résultats de la paléontologie humaine et par l’inscription de l’apparition de l’humanité dans la continuité du processus de l’évolution. La présente étude s’inscrit dans le même contexte : face au réductionnisme scientifique, manifester la grandeur de l’humanité. L’enracinement scientifique est maintenant le domaine des neurosciences qui étudient le cerveau humain. Les questions posées s’inscrivent dans la même perspective, puisqu’il y a une continuité entre le cerveau des animaux supérieurs et que le fonctionnement neuronal est compris selon des modèles fondés sur l’expérimentation. Les questions sont d’une certaine manière plus radicales, puisqu’il s’agit de ce qui est proprement humain, la pensée. Sur ce point, la démarche de saint Thomas d’Aquin nous semble exemplaire et c’est donc dans le même esprit que cet éminent lecteur du traité d’Aristote peri psychès que nous avons lu les travaux scientifiques qui seront à la base de notre quête de l’âme humaine. Notre recherche est donc anthropologique, mais comme saint Thomas lui-même dans la Question disputée De  anima, nous n’introduirons pas a priori des éléments venus par la Révélation et précisés dans la Tradition chrétienne. Ce serait amputer le réel d’une part significative que d’ignorer les apports de ces expériences fondatrices. Et de même, nous ne resterons pas dans le seul domaine des sciences humaines pour ouvrir sur les perspectives chrétiennes. La difficulté est d’articuler les ordres de la réalité, comme le fait saint Thomas d’Aquin dans la Somme de théologie.

  • Page number (beginning) 109
  • Page number (end) 130
  • Category Recension
  • Sous-titre Neurosciences et âme humaine
€8.17
(Incl. 2.1% tax)

Additional Info

  • Abstract

    Cette note doctrinale propose de revisiter la double question de l’individuation et de l’essence et leur articulation métaphysique. Elle fait suite à diverses interprétations qu’elle discute et en raison desquelles l’A. cherche une meilleure formulation.

  • Extract

    Cette note doctrinale n’est pas une étude de l’ensemble du corpus des textes de saint Thomas relatifs à l’individuation et à l’essence, ce qui appellerait des analyses longues qui ont déjà été faites, mais plutôt de préciser ce qui n’apparaît pas toujours clairement intelligible et qui fait l’objet de débats entre interprètes. Il s’agit ici d’apporter des éléments de clarification qui sont à verser au dossier.
    La doctrine thomiste de l’individuation de la forme substantielle par la matière fait l’objet d’appréciations négatives. On lui reproche soit une insuffisance soit une incohérence. Michel Bastit affirme que si la forme, qui est principe d’être, n’est pas suffisante pour individuer, il semble s’ensuivre que l’existence n’est pas de soi individuelle. De son côté, Antonio Petagine pense que, plutôt que de faire de la matière le principe d’individuation de la forme, il aurait donc été plus convenant de chercher sa source du côté du sujet lui-même, d’autant que, selon lui, saint Thomas tient simultanément deux positions inconciliables : ou la matière est sujet purement potentiel par rapport à la forme, ou elle est principe d’individuation de la forme.

  • Page number (beginning) 95
  • Page number (end) 108
  • Category Article
€8.17
(Incl. 2.1% tax)

Additional Info

  • Abstract

    Saint Thomas d’Aquin enseigne que l’acte humain objectivement mauvais posé sous l’influence d’une conscience erronée que l’on suit n’est pas bon. Toutefois, si cette conscience est erronée en raison d’une ignorance qui excuse, la volonté, elle, est bonne lorsqu’elle pose cet acte par ailleurs défectueux. Il n’en va pas de même si cette ignorance est elle-même coupable. Dans ce cas, l’erreur ou l’ignorance n’excusent pas. Malgré tout, c’est toujours un péché d’aller contre sa conscience lorsque celle-ci prescrit ou interdit, même lorsqu’elle est objectivement erronée, que cette erreur soit coupable ou non. L’Aquinate  est  arrivé  progressivement  à  ces  conclusions,  comme  le  montre le passage en revue chronologique de ses œuvres, depuis le Scriptum sur les Sentences, jusqu’au Commentaire sur l’épître aux Romains.

  • Extract

    Il est assez courant de nos jours d’entendre et de lire qu’un acte posé en fonction d’une conscience erronée est bon. Qu’aurait pensé saint Thomas d’une telle assertion ? D’après notre recherche dans l’Index thomisticus, l’Aquinate utilise 62 fois l’expression conscientia près de erronea ; 53 fois conscientia avec ligare (dont certaines fois avec conscientia erronea) ; 11 fois conscientia près du mot excusare. Nous nous proposons ici de déterminer la position de saint Thomas (ou les positions, s’il a évolué) quant à savoir primo, si la conscience erronée oblige, et secundo, si la volonté qui suit la conscience erronée est bonne. Pour cela, nous analyserons les textes obtenus par notre recherche. Après quoi nous pourrons synthétiser la doctrine du Docteur angélique.

  • Page number (beginning) 55
  • Page number (end) 94
  • Category Article
€8.17
(Incl. 2.1% tax)

Additional Info

  • Abstract

    Saint Thomas d’Aquin semble être le grand oublié des études sur le millénarisme. Sans doute est-ce parce que, dans l’histoire des doctrines, il se situe après le millénarisme patristique et avant le chiliasme moderne. Pourtant, le Docteur angélique a étudié cette doctrine plus que ses pairs. L’analyse qu’il fait de cette aporie de l’eschatologie collective est un modèle de travail théologique. Pour en saisir toutes les harmonies, le présent article commence par replacer la question du millénarisme à la fois dans l’ensemble du donné révélé eschatologique et dans le contexte du XIIIe siècle. Puis vient la présentation des textes de Thomas sur le millénarisme joachimite et le chiliasme patristique, avec un sommet spéculatif atteint sur la question du temps à la résurrection. Cette étude s’achève par une brève explicitation de la thèse thomasienne du millénium ecclésial, où l’Aquinate semble largement revisiter l’héritage augustinien. Autour du mystère de l’Incarnation, des ponts sont jetés vers une eschatologie que saint Thomas n’a pas connue, celle du royaume des justes de saint Irénée de Lyon.

  • Extract

    Saint Thomas et l’eschatologie millénariste. Ce titre a quelque chose d’anachronique parce que saint Thomas d’Aquin ne connaissait pas à  proprement  parler  le  millénarisme.  Dans  l’histoire  des  doctrines, le Docteur angélique est un auteur se situant soit après, soit avant le millénarisme.Après parce que ce qui est appelé en théologie « millénarisme » est formellement  une  doctrine  patristique, principalement  de  la  période anténicéenne ; et les écrits millénaristes des Pères de l’Église ont à peu près totalement disparu de la tradition dogmatique de l’Église à partir du IVe-Ve siècle ; ils n’ont subsisté durant tout le Moyen Âge qu’aux marges occidentales et orientales de la chrétienté, en  Irlande et en Arménie. Ces textes ne réapparaîtront au cœur de l’Occident chrétien, dans les cercles théologiques et érudits, qu’à partir du xvie siècle. Saint Thomas, homme du XIIIe siècle, expose donc une doctrine qui est très peu connue de son temps, qui fait figure de vestige archéologique. Les théologiens médiévaux n’en avaient qu’une connaissance très approximative du fait de la perte des textes de référence. Au mieux, ils avaient accès à une copie déformée des catalogues d’hérésies de la patristique tardive qui, déjà, avaient schématisé le millénarisme à l’excès.

  • Page number (beginning) 5
  • Page number (end) 54
  • Category Article
€8.17
(Incl. 2.1% tax)

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  • Page number (beginning) 698
  • Page number (end) 704
  • Category Chronicle

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  • Abstract

    Thomas d’Aquin,  L’Âme et le corps, Somme de théologie, Première partie, questions 75 et 76, Texte latin, introduction  par  B. C. Bazán,  traduction  par J.-B. Brenet, « Sic et Non », Paris, Vrin, 2016, 1 vol. de 230 p.

    Fabio Schmitz, Causalité divine et péché dans la théologie de saint Thomas d’Aquin, Examen critique du concept de motion « brisable », Paris, L’Harmattan,  2016, 1 vol. de 286 p.

    John F. Boyle, Master Thomas Aquinas and the Fullness of Life, Forword by Philipp W. Rosemann, South Bend, Indiana, St. Augustine’s Press, 2014, 1 vol. de XV-85 p.

    Joseph Chéhab, Le Père peut-il juger ses enfants ? Essai biblique sur le jugement et la miséricorde de Dieu, Paris, Cerf, 2016, 1 vol. de 327 p.

    Cardinal Walter Kasper, La Miséricorde, Notion fondamentale de l’Évangile, Clé de la vie chrétienne, « Theologia  », Nouan-le-Fuzelier, Éditions des Béatitudes, 2015, 1 vol. de 214 p.

    Anthony T. Flood, The Root of Friendship, Self-Love & Self-Governance in Aquinas, Washington, D.C., The Catholic University of America Press, 2014, 1 vol. de XX-164 p

    Joseph Moingt, L’Évangile sauvera l’Église, Paris, Salvator, 2013, 1 vol. de 296 p.

  • Page number (beginning) 679
  • Page number (end) 697
  • Category Correspondence

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  • Abstract

    Ce septième bulletin de christologie est consacré pour les années 2014 à 2016 à trois questions : 1) la vie de Jésus reconstituée par l’histoire et l’exégèse (Puig i Tàrrech), tentative toujours recommencée et qui aboutit à des résultats à la fois solides pour certains et aléatoires pour d’autres — le projet n’est pas inutile mais n’offrira jamais de certitudes définitives ; 2) l’histoire des doctrines (entre le IVe et le XIIIe siècle) qui tente de reconstituer, à partir des textes, la réception chrétienne de l’histoire de Jésus et de son interprétation théologique et ecclésiale ; 3) la thématique, renouvelée avec et depuis Hans Urs von Balthasar, de la substitution, laquelle, diversement reçue, fait l’objet d’un approfondissement doctrinal constant depuis trente ans.

  • Extract

    L’unité doctrinale des christologies n’apparaît guère quand l’unité personnelle du Christ n’est pas perçue et réfléchie. La pluralité des modèles mis en œuvre reflète cette incertitude, leur disparité devient une difficulté insurmontable quand elle est justifiée par des options philosophiques — métaphysiques — irréductibles les unes et autres, et qui se réfugient derrière l’argument, érigé en principe, du pluralisme. C’est ainsi qu’au pluralisme de fait se substitue un pluralisme de droit, où toutes les options se justifient. Le résultat est que le dialogue devient quasi impossible. La mosaïque des doctrines apparaît un fait historique nécessaire et inévitable au déploiement de la réflexion christologique, et qui trouve dans ce qu’on appelle la postmodernité, sa pleine expression. La difficulté, très en consonance avec le relativisme contemporain, est de tenter d’établir des points solides de rencontre entre des pensées si diverses, dont le langage et les intentions ne sont ni homogènes ni même comparables. L’histoire des doctrines anciennes montrent que ce phénomène n’est pas nouveau, mais qu’il a pris des proportions inédites, qu’il aboutit à un seuil d’exaspération dommageable à l’approfondissement rationnel de la foi. La tentation est alors la fixation et la crispation sur un moment, souvent reconstruit, de la théologie. La louable et utile réappropriation des doctrines anciennes ne doit pas conduire à l’archéologisme, où le déni de tout progrès justifie a priori n’importe quel retour à un modèle historique du passé, antérieur au moment scolastique ou baroque, ou à l’inverse à la promotion d’une expression christologique nouvelle, d’un style nouveau, plus en harmonie avec le paradigme de la postmodernité. Bref, il devient difficile d’opérer un discernement et de poser un jugement à partir de critères communs, fondés sur des principes universels et vrais. La vérité des doctrines repose certes sur la foi, mais leur élaboration fait très rarement l’objet d’un échange, encore moins d’un débat, entre théologiens, d’où l’effet parfois déconcertant de leur juxtaposition. Cependant, la mise en perspective des doctrines, leur confrontation, avec, il est vrai, le risque possible de malentendus et de contresens, est toujours utile et instructif, fécond pour celui qui se donne la peine d’étudier et de les lire avec attention.

  • Page number (beginning) 647
  • Page number (end) 677
  • Category Recension
€5.11
(Incl. 2.1% tax)

Additional Info

  • Abstract

    Après avoir occupé le devant de la scène médiatique durant les deux années du synode sur la famille, la question délicate de la communion eucharistique des divorcés remariés continue à nourrir la plupart des discussions surl’exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia du pape François, qui se concentrent sur le chapitre 8 et en particulier sur la note 351 ; les commentateurs étant très partagés sur le point de savoir si cette note a changé ou non la discipline établie par l’exhortation apostolique Familiaris consortio du pape Jean-Paul II. L’article cherche à favoriser la bonne réception du texte en montrant qu’il peut et doit être interprété conformément au magistère précédent. Une lumière nouvelle est donnée, qui détermine un réel changement pastoral et disciplinaire, mais au titre d’un progrès doctrinal homogène. La distinction qui est faite au plan de la théologie morale entre situation objective de péché et imputabilité subjective selon les circonstances est resituée dans le cadre traditionnel de la science du confessionnal. Mais le régime sacramentel ne saurait découler du seul for interne, s’agissant aussi d’actes publics. Familiaris consortio, relue à la lumière d’Amoris laetitia, vient alors éclairer celle-ci en retour.

  • Extract

    Plusieurs mois après sa publication, l’exhortation apostolique Amoris Laetitia fait encore l’objet de nombreuses discussions, oppositions et conflits d’interprétation, qui prolongent les débats parfois vifs autour du Synode sur la famille auquel elle a donné suite, dans un contexte déjà relativement tendu d’attaques de la famille, de législations civiles ouvrant le mariage aux personnes de même sexe et de promotion mondiale de l’idéologie du gender. Un chapitre surtout fait difficulté, le chapitre 8 sur l’accompagnement des personnes en situations dites “irrégulières” ; et dans celui-ci, la question de la communion des divorcés remariés concentre presque toutes les attentions, en particulier la note 351 qui précise que dans certains cas l’aide des sacrements peut être apportée

    Même s’il n’est pas fait mention explicite des divorcés remariés dans cette note, et que le chapitre rappelle par ailleurs qu’il n’entend pas se limiter à leur seule situation (d’autres cas seulement pourraient donc être concernés), ils ne sont pas non plus exclus a priori, ce qui fait que l’on doit aussi envisager cette possibilité : ubi lex non distinguit, nec nos distinguere debemus. Trois grandes questions se posent à ce sujet. 1°) Une question générale d’interprétation : que dit ou qu’a voulu dire exactement le pape dans ce texte ; a-t-il changé la règle et d’ailleurs le pouvait-il ? 2°) Une question de théologie morale : est-il vrai que dans une situation objective de péché l’on puisse se trouver subjectivement en état de grâce ? Cela est-il conforme à la doctrine catholique, ou même possible en pratique ? 3°) Une question de théologie sacramentaire : cela ouvre-t-il pour autant l’accès aux sacrements ? La note 351 faisant directement référence à la pénitence et à l’eucharistie. Sur les deux premières questions, nous nous contenterons d’apporter quelques compléments à l’article de Dom Basile Vualet qui a déjà fait l’analyse détaillée de ce chapitre en montrant qu’il n’a rien de révolutionnaire et qu’il s’inscrit dans un développement magistériel homogène..

  • Page number (beginning) 619
  • Page number (end) 645
  • Category Article
€5.11
(Incl. 2.1% tax)

Additional Info

  • Abstract

    Le chapitre VIII de l’Exhortation apostolique Amoris Laetitia soulève plusieurs problèmes d’interprétation et même une difficulté de correspondance avec l’enseignement antérieur du magistère de l’Église. Cette difficulté concerne la possibilité, dans certains cas, de donner l’absolution et la permission d’accéder à la communion sacramentelle à une personne vivant en situation matrimoniale irrégulière et qui ne prend pas la résolution de vivre « comme frère et sœur » avec son pseudo-conjoint. On examine le degré d’autorité de ce texte magistériel, puis on explique le chapitre VIII, pas-à-pas, en levant notamment cette apparente contradiction. Pour finir, on montre comment le magistère en est venu à affirmer la susdite possibilité, sans remettre en question les vérités définitives concernant le dogme et la morale des sacrements de mariage, de réconciliation et d’Eucharistie.

  • Extract

    Le 19 mars 2016, le Saint-Père a signé l’exhortation apostolique Amoris Laetitia (désormais AL), sur l’amour dans la famille. Celle-ci a été rendue publique le 8 avril en diverses traductions, mais, semble-t-il, toujours pas dans le texte latin. Dès sa parution, ce texte a suscité de nombreuses réactions en divers sens. On ne sera pas étonné que ce qui y a suscité le plus de commentaires soit le chapitre VIII, intitulé Accompagner, discerner et intégrer la fragilité, et où il est question de la pastorale des personnes vivant en couple dans une situation « irrégulière ». Chacun sait que, depuis le discours inaugural du cardinal Kasper au consistoire de février 2014, cette question était à l’ordre du jour des deux Synodes successifs. Elle a provoqué, à la demande même du pape, un débat public, où chacun pouvait exprimer ce qu’il pensait. La discussion portait en particulier sur la possibilité que certaines personnes en situation matrimoniale « irrégulière » accédassent à la sainte absolution, puis à la sainte communion. C’est uniquement de ce chapitre VIII que nous entendons traiter ici. Avec la bienveillance qu’inspire l’autorité de celui qui s’y exprime (I), il importe de le lire attentivement (et dans la dynamique de l’ensemble du texte), et de chercher à percevoir ce qui y est dit, ou n’y est pas dit (II), et enfin de comprendre comment la doctrine s’est désenveloppée pour en arriver là (III).

  • Page number (beginning) 585
  • Page number (end) 618
  • Category Article
€5.11
(Incl. 2.1% tax)

Additional Info

  • Abstract

    Le nazisme et sa conséquence, la Shoah, ont permis plusieurs prises de conscience : une analogue lutte des juifs et des chrétiens contre ce paganisme antisémite, et aussi des expressions à corriger dans la vie ecclésiale. Cinquante ans après Nostra Ætate, reste à reconstruire une théologie chrétienne du judaïsme actuel : celle-ci ne doit pas manquer d’être pour les chrétiens une reconsidération des relations avec le judaïsme — accomplissement [continuité, rupture, dépassement], sororité, substitution théologale, prédication de la grâce, antijudaïsme d’apologie —, ainsi que pour les juifs vis-à-vis des chrétiens — néo-guématrie critique, asymétrie non exclusive, ré-évalutation positive du miracle —, au total une force d’interpellation pour aujourd’hui.

  • Extract

    Dès avant-guerre, et après, avec Vatican II, les retrouvailles ont été considérables. Juifs et chrétiens avaient souffert ensemble du paganisme nazi. Bien des initiatives, après 1946, ont profité de ce climat pour instaurer de nouvelles relations. En 1965, à la fin du concile Vatican II, la déclaration conciliaire Nostra Ætate, au n° 4, a défini le cadre de ces nouveaux rapports. Dans ces derniers, se trouve la volonté d’éliminer au sein de la catéchèse chrétienne «l’enseignement du mépris » qui avait jadis favorisé un antijudaïsme chrétien et dont a profité l’antisémitisme racial du nazisme. À dessein, Hitler avait republié les pamphlets de Martin Luther contre les Juifs de sorte que les luthériens élurent plus facilement le futur chancelier de l’Allemagne du Troisième Reich que les catholiques (70 à 90 % contre). Peu après la Shoah les premiers rassemblements judéo-chrétiens, en particulier celui de Seelisberg en 1947, organisé à l’initiative des protestants, donnèrent le ton. La déclaration finale en dix points est remarquable par sa volonté de repentance. L’heure exigeait une juste humilité de la part des chrétiens qui avaient failli devant les assauts du mal et qui n’avaient pas assez écouté le cri du « sang ». Beaucoup s’étaient retranchés derrière la recommandation vétérotestamentaire : « Il est bon d’attendre en silence le salut du Seigneur. »

  • Page number (beginning) 557
  • Page number (end) 584
  • Category Article
€5.11
(Incl. 2.1% tax)
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